Étiquette : Adolescence

[Nouvelle] James Du Candel – Mon premier rencard

James Du Candel est anglais, londonien pour être exact. Il est jeune, trentaine. C’est un entrepreneur, une sorte de marketer de l’extrême, un trend setter comme on dit aussi parfois.
Il est beau, charismatique, mais ça n’a pas toujours été comme ça. Son truc à la lui, c’est la baise. C’est un besoin qu’il aime mettre à la hauteur du besoin alimentaire. C’est son catalyseur à tous les étages de sa vie, surtout professionnelle. Les récits de James Du Candel, ce sont des courts textes de vie quotidienne. C’est tranchant, sexiste, misogyne, insultant et transgressif. C’est une pointe de philosophie bancale dans l’esprit lubrique d’un sex addict sous le masque d’un gentleman. C’est tout ce que l’homme pense, mais ne dit pas, car il y a ce politiquement correct dans le désir qui repose sur la ruse, il y a ce politiquement correct dans l’attraction sexuelle qui repose sur l’hypocrisie et il y a enfin, ce qu’on aime définir parfois comme l’amour, mais qui n’est qu’un artefact qui englobe tout ce simulacre du désir, du sexe et de la déviance. Et dans la tête de James Du Candel, il y a tout ça, mais il le pense haut et fort.

J’étais gamin, genre 13, 14 piges, dans ces eaux-là. J’étais au collège. Mon visage ressemblait à une pizza Margherita moitié cuite et mon sourire faisait pâlir les ferrailleurs les plus chevronnés. Ma voix passait d’une octave petite fillette à une octave fumeur de cigares récidiviste du cancer de la gorge. Mon entièreté morphologique était un non sens et mon attitude personnelle se situait entre le « j’essaie quelque chose » et le « arrête tout, tu perds ton temps ». J’étais dans le bouquet final de l’adolescence, mais je ne resplendissais pas comme un feu d’artifice. En fait, j’effrayais surtout à cause de ces purulentes et suintantes coulées récurrentes de comédons blancs cassés qui s’écoulaient sur mon visage, de mes cheveux gras et des miettes de pain mouillés coincées dans les bagues de mon appareil dentaire.
Mais, même avec tout ça, vous savez quoi ?
J’ai eu ce premier rencard.
CUMSHOT !

Milk splash, blue background

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Jeunesse Maëlstrom – Tome 2

J’écris actuellement le second tome de la trilogie Jeunesse Maelström. Je vous offre ici le début, un avant goût pour patienter.
Comme je l’ai expliqué à certain d’entre vous, le deuxième opus n’est pas la suite directe du premier volet. Les histoires sont différentes mais les personnages et des éléments de la première aventure se retrouveront dans les deux prochain livres.
J’espère que ça vous plaira!

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21 Janvier 2016 – Eliott

Cher ami,

On ne se connaît pas encore car je débute aujourd’hui cette aventure avec toi. Je m’appelle Eliott, je vis dans la vallée des anges depuis ma plus tendre enfance. Mon père est un homme d’affaires connu dans l’industrie de l’automobile. Ma mère est consultante dans l’industrie de la chirurgie dentaire. J’ai donc à la fois un joli sourire et de belles bagnoles avec lesquelles je peux rouler dans la vallée.
On ne se connaît pas encore très bien, mais j’aimerais que l’on devienne plus proche. Je ne sais pas encore à quel point tu seras important pour moi. J’ai juste besoin de quelqu’un à qui me confier. Il n’est pas facile à mon âge de trouver quelqu’un à qui parler.

Alors ce sera toi, mon cher ami.

A plus.

E.

 

23 Janvier 2016 – Eliott

Bonjour cher ami,

Aujourd’hui, je me suis levé à l’aube. Nous sommes samedi. Je n’arrivais pas dormir ce matin. Je ne suis pas sorti hier. Le temps n’est pas exceptionnel. Il fait même plutôt froid et humide. Du coup, je préfère rester chez moi.
Mon ami Anthony m’a dit hier que je craignais car je n’étais pas sorti en boîte avec eux. Je pense que ça m’ennuie. J’aime sortir en boîte mais c’est toujours la même chose. On a toujours cette même table au carré VIP. Oui, on paie pour ça. On dépense notre argent pour avoir le carré VIP et des seaux de bouteilles de vodka avec les fontaines de lumières par dessus. Les gens nous voient, c’est tout ce qui importe.

Je ne suis pas sorti hier parce que je me sentais seul. Quand je suis en boîte avec mes amis, je me sens seul. J’ai beau regardé autour de moi, voir mes amis s’éclater, se donner des tapes dans le dos toutes les cinq minutes, avaler leurs coupes de champagne, je me sens quand même profondément seul. Alors hier, j’ai préféré rester chez moi. Je suis resté au lit après avoir mangé avec Elie, ma femme de ménage et ma seule compagnie pour le moment. Oui, mes parents sont souvent en voyage d’affaires. Alors, voila.

Ce matin, je me suis levé à l’aube. Je n’ai rien mangé au petit déjeuner. J’ai traîné dans ma véranda, caressant l’eau de la piscine intérieure avec mes doigts.

C’est un peu près tout.

E.

 

24 Janvier 2016 – Vega

Cher Journal,

J’espère que tu vas bien. Ca fait longtemps que je pense à toi et que j’ai envie de commencer à écrire. J’en ai besoin. Je ne suis pas très en forme. Je pense que je suis quelqu’un de cassé. A l’intérieur de moi, tout est sombre. Que je me sente bien ou mal, j’ai toujours l’envie de me détruire. Hier, j’ai cassé ce petit miroir dans ma chambre, celui sur ma commode. Je n’aime pas me voir dans le miroir. Puis, j’ai rassemblé les petits morceaux par terre. Cette scène est à mon image, en mille pièces, par terre, qui ne reflète plus rien…

Ma tante a encore trop bu hier soir, elle a dormi toute la journée. Il n’y a personne d’autre dans la maison. Mes parents me manquent parfois. Je pense beaucoup à eux. Leur visage commence à disparaître lorsque je ferme les yeux. Ca fait trop longtemps maintenant qu’ils sont partis. J’ai peur d’oublier, mais me souvenir me fait souffrir.

J’espère cher journal que je ne t’ennuie pas trop. Ma vie est chiante, c’est un chaos. Il n’y a rien de beau, alors j’espère que tu supporteras tous mes écrits noirs, toutes mes pensées sombres et toutes mes larmes sanguinolentes.

Ta chère Vega.

 

26 Janvier 2016 – Vega 

Cher journal,

Aujourd’hui, j’ai séché les cours. Je n’avais pas la force d’y aller. Hier, une fille d’une autre classe m’a dit que j’étais misérable. Je pense qu’elle a raison. Je ne prends plus soin de moi. Je suis triste, je me sens abandonné. Je veux partir d’ici, de cette vallée. Je ne suis rien, je suis invisible.

J’ai passé ma journée au lit. Ma tante n’a rien remarqué. Elle est sans doute encore soûl. Elle est comme ça depuis la mort de son mari et la disparition de mes parents. La perte de sa sœur l’a anéanti. Elle pense parfois qu’elle est la seule à souffrir. J’aimerais qu’elle sache à quel point tout ceci est dur pour moi. J’ai le sentiment que personne ne fait attention à moi. J’ai quelques amies mais elles m’ennuient parfois, elle ne comprenne pas ma souffrance. Elles disent que j’en fais trop et que j’ai besoin d’avancer. Je n’y arrive pas. Peut-être que j’ai toujours été quelqu’un de torturée. Enfin, disons qu’il y a des jours avec et des jours sans. Ne pense pas cher journal que je suis tout le temps en train de me plaindre ou de faire la gueule. D’apparence, je pense que je suis quelqu’un de souriant, mais il y a des jours où je craque. Comme hier. J’essaie de ne pas trop montrer mes souffrances. Les gens ici jouent avec nos faiblesses si jamais ils les connaissent. J’attends d’être chez moi pour pleurer, à l’abri des regards. Je pense que le coussin de mon lit est celui qui a avalé le plus de mes larmes.

Je ne sais pas ce que tu penses de moi. J’aimerais que tu puisses parler, mais tu seras juste celui qui m’écoute. Ca me suffit. Je crois que j’ai juste besoin que mes pensées finissent quelque part. Tu seras l’unique témoin de mon profond mal être.

Ta chère Vega.

– Extrait de « Jeunesse Maelström – Tome 2 »

Jeunesse Maëlstrom dans le Républicain Lorrain

Crédit Nhu Xuan Hua

Crédit Nhu Xuan Hua

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Version Papier ici : http://bit.ly/JMpapier
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